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Aspirations liées à la mobilité et aux modes de vie - enquête internationale

Recherches terminées
Début: Janvier 2015
Fin: Mai 2016

Si la question de la durabilité de nos modes de vie est au cœur du programme de recherche du Forum Vies Mobiles, elle est insuffisante : la question des aspirations est incontournable lorsqu’on veut penser les bonnes vies mobiles de demain. Découvrez les premiers résultats d'une enquête internationale réalisée auprès de 12 000 personnes.

Acteurs de la recherche

 

Contact : Thomas Evariste

Retrouvez les vidéos de la conférence du 21 juin 2016 : Modes de vie et mobilité : quelles aspirations pour le futur ?, avec Xavier Moati, Christophe Gay, Sylvie Landriève et Xavier Leherpeur

I. L’ambition du Projet

Si la question de la durabilité de nos modes de vie est au cœur du programme de recherche du Forum Vies Mobiles, elle est insuffisante : la question des aspirations est incontournable lorsqu’on veut penser les bonnes vies mobiles de demain.

Un futur, aussi durable soit-il, ne peut s’envisager qu’à condition qu’il soit en mesure de répondre à la diversité des besoins et des aspirations des personnes. Au-delà de l’impératif démocratique sous-jacent, le caractère contraignant de certains de nos modes de vies et les impératifs contemporains qui pèsent sur nous empêchent de considérer ce qui existe en dehors des cadres sociotechniques actuels, nous empêchent de penser au-delà de ce qui existe déjà.

C’est dans cette perspective que se situe cette grande enquête sur les aspirations à la mobilité, construite à partir de deux hypothèses fondamentales. D’abord, qu’il faut rompre avec l’idée très répandue que les personnes sont incapables de se projeter au-delà de leur liste de courses et de l’achat du dernier IPad. Ensuite, qu’en tant que principales concernées, ces mêmes personnes sont tout à fait légitimes pour participer à la réflexion sur la société dans laquelle ils vivent et celle que nous construisons pour demain.

II. Le dispositif de recherche

L’étude a été lancée fin 2015 par le Forum et réalisé par L’ObSoCo (L’Observatoire Société et Consommation), par panel en ligne, au sein de six pays développés (France, Espagne, Allemagne, États-Unis, Turquie, Japon) et auprès de plus de 12 000 personnes représentatives de leur pays en termes de sexe, âge, région et revenu.

De façon à saisir pleinement les aspirations, le questionnaire a placé les personnes interrogées dans une double perspective qui leur permet de se projeter dans un futur à la fois lointain et idéal : une sorte d’utopie, de mode de vie rêvé, qu’ils souhaitent pour eux-mêmes, mais aussi pour leurs enfants et pour leurs petits-enfants.

Dans le dispositif de recherche, on accède à cet idéal à travers les principales caractéristiques d’un mode de vie : vie sociale, vie familiale, vie professionnelle, choix résidentiel, loisirs, vacances, consommation et vieillesse. Cette approche permet en particulier de dessiner, en filigrane, la manière dont la mobilité est mobilisée pour atteindre son idéal.

Une seconde série de questions interroge les mêmes familles d’aspirations mais à l’aune des enjeux environnementaux, afin de mesurer l’écart susceptible d’exister entre le durable et le souhaitable. L’objectif est alors d’identifier les leviers à actionner et les obstacles à franchir, pour réconcilier les deux termes de l’équation.

III. Les premiers enseignements

Les résultats montrent des aspirations en termes de mode de vie similaires au sein des six pays, révélant un idéal de vie commun en rupture avec les modes de vie contemporains.

Il est en particulier remarquable de constater que près de la moitié de la population interrogée rejette la dispersion spatiale actuelle des activités (travail, loisir, vie sociale et familiale) et souhaitent réduire drastiquement ses déplacements quotidiens.

Par ailleurs, on constate que, dans tous les pays représentés, les aspirations vont dans le sens d’une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux et que, dans le cadre d’une mobilisation collective, les gens seraient prêts à transformer plus radicalement encore leurs modes de vie. Dans ce contexte, il y a motif d’espérer que nous parvenions à mettre en place des politiques allant dans le sens d’un développement plus durable, tout en respectant les aspirations des individus.

Cette étude donne des pistes pour préparer dès maintenant cette transition et montre que la réorganisation des modes de vie, que ce soit dans les sphères privée ou professionnelle, implique une révision profonde de nos systèmes de mobilité et de l’aménagement du territoire.

IV. Les grands résultats, en chiffres


1 / Proximité et ralentissement : des aspirations qui s’imposent

À l’opposé des modes de vie actuels, le ralentissement des rythmes de vie constitue un élément essentiel pour accéder à la vie idéale :

  • 74% des répondants estiment que le rythme de vie dans la société actuelle est trop rapide (80% en France, Allemagne, Espagne, USA) ;
  • 78% souhaitent personnellement ralentir (82 % en France). ;
  • 50% indiquent manquer de temps actuellement pour faire ce qu’ils veulent ou doivent faire (60% en France).

Réorganiser leur rythme de vie pour quoi faire ?

  • 90% pour accorder plus de temps à leurs proches (48% « très important » ; 42% « assez important ») ;
  • 89% pour s’accorder plus de temps à soi-même (43% « très important » ; 46% « assez important »).

Concernant les déplacements,

  • 31% jugent « très important » de passer moins de temps dans les transports (33% en France),
  • lorsque le temps de trajet est actuellement supérieur à 35 minutes, ce chiffre atteint 47%

Plus de proximité et une nouvelle voie pour la mobilité : Près de la moitié de la population des pays rejette la dispersion spatiale des activités actuelles :

  • 44% (42% en France) associe la mobilité idéale à une plus grande proximité, en rupture avec le modèle actuel ;
  • pour 56% (58% en France), la mobilité idéale se caractérise par une meilleure accessibilité (meilleure offre de transport), dans la continuité du système actuel.

2/ Travail : moins de travail et de trajets, plus de proximité et d’autonomie

Alors que, globalement, les Occidentaux n’ont jamais eu autant de temps libre, on constate que :

  • 51% aspirent à réduire le temps de travail (mais avec des différences significatives selon les pays : seulement 29% en France et 40% aux Etats-Unis, contre 50% en Allemagne, 60% en Espagne, Japon et Turquie) ;
  • 58% souhaitent pouvoir organiser librement leur temps de travail.

Lieu de travail idéal :

  • 48% souhaiteraient travailler en proximité : soit à leur domicile (30%) soit dans leur quartier (18%). En France, ils sont 43% à partager ce souhait (26% à leur domicile et 17% dans leur quartier) ;
  • 32% (40% des Français) exerceraient quant à eux idéalement leur activité professionnelle en dehors de leur quartier, mais à moins de 30 minutes de leur domicile ;
  • 13% qui souhaiteraient pouvoir travailler d‘où ils veulent, quand ils le veulent (9% en France).
  • À noter tout de même, que certains indiquent être prêts à faire des concessions importantes en termes de mobilité quotidienne pour accéder au travail idéal et conserver leur logement :
  • 23% sont prêts à faire trois heures de trajet par jour pour conserver leur lieu de vie – et et ce chiffre monte à 35% s’il est possible de télétravailler deux jours par semaine ;
  • 49% accepteraient de déménager ;
  • 28% préfèreraient un autre travail non idéal près de chez eux.

3/ Un changement encore plus radical de société pour répondre au défi environnemental ?

Selon l’étude, 86% des individus sont conscients de la situation environnementale préoccupante.

Dans un contexte où la société s’organiserait pour faire face à la crise environnementale, les gens sont prêts à revoir encore plus leurs modes de vie :

  • 75% seraient prêts à réduire leurs déplacements et à privilégier la proximité ;
  • 60% seraient prêts à abandonner l’automobile personnelle ou l’avion ;
  • 76% se disent d’accord pour moins consommer ;
  • 85% accepteraient d’utiliser des objets plus longtemps ;
  • 75% achèteraient des produits d’origine locale, ou produiraient eux-même (71% ).

La tentation de la décroissance pour répondre au défi environnemental :

  • 39% des personnes interrogées estiment qu’un « changement radical dans l'organisation de l'économie et de la société, revenant à produire moins et à consommer moins » serait la meilleure manière de répondre au défi environnemental ;
  • 32% pensent que c’est la réglementation internationale de la production et de la consommation qui répondra au mieux à ce défi ;
  • 29% comptent sur le progrès scientifique et technique pour trouver des solutions innovantes en la matière.

Le changement de paradigme est davantage privilégié par les plus jeunes alors que plus on remonte dans les générations, plus l’espoir reste fondé sur le progrès scientifique et technique.

V. Synthèses des résultats de recherche


  • Synthèse quantitative - Modes de vie et mobilité, une approche par les aspirations - OBSOCO 2016



  • Synthèse qualitative - Modes de vie et mobilité, une approche par les aspirations - OBSOCO 2016




VI. Conférence du 21 juin 2016 : Modes de vie et mobilité : quelles aspirations pour le futur ?




VII. Données

Mode de vie

Un mode de vie est une composition - dans le temps et l’espace - des activités et expériences quotidiennes qui donnent sens et forme à la vie d’une personne ou d’un groupe.

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Mobilisation

La mobilisation est l’action par laquelle les individus sont appelés à se mettre en mouvement pour se rassembler dans l’espace public en vue d’une entreprise concertée, que ce soit pour exprimer et défendre une cause commune ou pour participer à un événement. En ce sens, il s’agit d’un phénomène social relevant du champ de la mobilité. Cet article a été rédigé par Sylvie Landriève, Dominic Villeneuve, Vincent Kaufmann et Christophe Gay.

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Transition

Les recherches sur la transition s'intéressent aux processus de modification radicale et structurelle, engagés sur le long terme, qui aboutissent à une plus grande durabilité de la production et de la consommation. Ces recherches impliquent différentes approches conceptuelles et de nombreux participants issus d'une grande variété de disciplines.

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