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Enquête sur les impacts du confinement sur la mobilité et les modes de vie des Français

Recherches terminées
Début: Avril 2020
Fin: Avril 2020

Le confinement des Français imposé à partir du 17 mars 2020 pour lutter contre la propagation rapide du Covid-19 est passé par une restriction de leurs libertés inédite en temps de paix, et au premier chef, celle de se déplacer. Au Forum Vies Mobiles nous avons souhaité en évaluer les impacts sociaux, présents et futurs, sur les modes de vie des Français. Il en ressort de fortes disparités dans les pratiques, selon les âges notamment, mais aussi une découverte de modes de vie différents, qui n’est pas sans faire naître certaines aspirations à une modération des déplacements après le confinement.

Acteurs de la recherche

 

Contact : Thomas Evariste


MÉTHODOLOGIE

L’enquête a été conduite en ligne du 3 au 8 avril 2020, auprès d’un échantillon de 1 500 personnes représentatif de la population de France métropolitaine âgée de 18 à 75 ans – dont 1 052 personnes ayant participé à l’Enquête Nationale Mobilité et modes de Vie 2020, menée un an plus tôt par le Forum Vies Mobiles auprès de 13 201 personnes. Cela a permis de comparer l’évolution de leurs pratiques de mobilité habituelle avant et pendant le confinement.

Afin de garantir la représentativité de l’échantillon, des quotas ont été établis sur la population globale interrogée suivant les critères suivants : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, région de résidence, taille de l’unité urbaine de résidence, niveau du diplôme le plus élevé, mobilité associée à la profession et fréquence des déplacements professionnels. Les données ont été redressées au niveau de l’échantillon global des 1 500 personnes interrogées puis au niveau du sous-échantillon des 1 052 personnes qui avaient déjà participé à l’ENMMV de 2019. Le redressement de l’échantillon global est relativement modéré. Pour 82 % de l’échantillon, les coefficients de pondération sont compris entre 0,5 et 2 (ce qui signifie que le poids d’une personne n’est ni multiplié ni divisé par plus de 2). Le redressement du sous-échantillon des anciens participants à l’ENMMV a été un peu plus fort. 68 % se situent dans cet intervalle de 0,5 à 2. 16 % sont à un niveau inférieur et 16% à un niveau supérieur.

LES PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS

Un confinement rigoureusement respecté

  • Plus d’un Français sur deux ne sort pas plus d’une fois par semaine (55 %). Plus encore, plus d’un Français sur cinq n’est jamais sorti de chez lui depuis le début du confinement (21 %) en dehors des éventuels déplacements liés au travail! 18% ne sont jamais sortis, même pour le travail.
  • Contrairement à ce que l’on a pu entendre, les départs vers d’autres logements concernent une fraction très minoritaire de la population, souvent très jeune : seuls 4 % de la population ont changé de domicile avant le confinement mais près d’un quart des Français aurait aimé pouvoir le faire (23 %).
  • 17 % de la population adulte de 18 à 75 ans vivent à la fois seuls et confinés, soit plus de 7,7 millions de personnes.

Des déplacements très limités pendant le confinement… sauf pour le travail !

  • Plus d’un quart de la population active (27 %) continue de se déplacer pour son travail. 39 % d’entre eux estiment pourtant que leur métier n’est pas lié à la gestion de la crise.

  • La plupart des déplacements pour les activités choisies (sport, activités sociales, …) a drastiquement diminué, alors que les déplacements pour les activités contraintes (courses alimentaires, accompagnement, …) se sont maintenus ou ont même parfois augmenté.

Une réorganisation drastique des activités du quotidien

  • Les plus âgés sont les Français qui sortent le plus régulièrement de chez eux (25 % des 65-75 ans sortent au moins une fois par jour) et les plus jeunes sont ceux qui sortent le moins souvent (31 % des 18-24 ans ne sont jamais sortis).
  • 33 % des actifs télétravaillent, alors qu’il n’y en avait que 7 % avant la crise d’après l’INSEE. Pour un actif sur 4, c’est donc une expérience nouvelle. Or, plus de la moitié des télétravailleurs apprécie cette expérience (53 %).

Le vécu du confinement : entre contraintes et opportunités

 

  • Malgré les conditions exceptionnelles de privation de liberté, 44 % des Français déclarent ne pas mal vivre cette période de confinement.
  • 59 % déclarent même apprécier passer plus de temps chez eux et dans leur quartier.
  • 44 % sont soulagés de ce ralentissement et 68 % sont contents de pouvoir consacrer plus de temps à eux ainsi qu’à leurs proches.
  • 62 % apprécient passer moins de temps dans les transports.

L’après-confinement : une remise en question probable des modes et des cadres de vie

  • 38 % des Français déclarent avoir pris conscience que leurs déplacements pourraient être faits davantage en proximité, à pied ou à vélo.
  • Pour 23 % des Français, cet épisode de confinement a suscité une envie de déménager (principalement pour avoir davantage accès aux espaces extérieurs et pour vivre en plus grande proximité de la nature).
  • Ce chiffre monte à 38 % au sein de l’agglomération parisienne.

  • Pour 18 % des actifs, cet épisode de confinement leur a fait prendre conscience d’une envie de changer d’emploi (pour pouvoir davantage télétravailler, avoir un emploi plus proche de chez soi, ou plus utile pour la société).
  • Enfin, après avoir vécu une limitation sans précédent de leurs déplacements, les Français sont tout de même majoritairement favorables à la mise en place post-confinement de mesures de rationnement visant à limiter leurs déplacements afin de lutter contre la crise climatique, mais à condition que cette limitation soit équitable et ne permette pas aux plus aisés d’y déroger.

QUELS IMPACTS POUR LE FUTUR ? L’ANALYSE DU FORUM VIES MOBILES

Avec près de 3 Français sur 4 strictement confinés chez eux pendant près de deux mois, la crise du Covid-19 sera une étape marquante dans la vie des Français.

L’enquête révèle que, après 3 semaines, le confinement est plus ou moins difficile à supporter en fonction de sa situation familiale, de son âge ou encore de son cadre de vie.

Vivre loin des grandes villes

Sans surprise, ce sont les habitants des grandes agglomérations et en particulier les habitants de la métropole parisienne qui souffrent le plus de la situation. Ils sont plus nombreux à vivre seuls (28 % contre 11 % en moyenne en France) et dans de petits appartements (28 % vivent dans un deux pièces ou un studio contre 5 % en moyenne en France) et beaucoup plus nombreux à avoir aimé pouvoir s’installer ailleurs que chez eux pendant le confinement (39 % contre 12 % en moyenne en France). Ils sont également plus nombreux à être dérangés par la restriction du périmètre de déplacement à respecter (53 % contre 43 % pour les agglomérations de moins de 20 000 habitants), ils apprécient plus que les autres la diminution de la pollution (53 % contre 46 % en moyenne en France) et sont plus nombreux à vouloir déménager (38 % contre 11 % en moyenne en France) après cette expérience. Conformément aux tendances démographiques 1 et aux études menées précédemment sur le sujet 2, la crise épidémique confirme ainsi le caractère problématique des cadres de vie densément peuplés et de l’agglomération parisienne en particulier, et le manque de résilience des modes de vie qu’on peut y déployer.

Une réorganisation des modes de vie et de nouvelles priorités

L’étude montre plus généralement que les contraintes qui pèsent sur la vie des Français auront aussi été l’occasion pour eux de faire l’expérience d’une réorganisation drastique de leurs modes de vie. Ainsi, en proportion étonnamment élevée, les Français sont soulagés par le ralentissement que la situation engendre (44 %), et sont contents de pouvoir consacrer plus de temps à eux-mêmes et à leurs proches (68 %). Le temps récupéré sur les déplacements quotidiens qu’on ne fait plus (et dont on ne veut plus) ou du travail qu’on exerce moins (ce qui est vécu comme un soulagement pour beaucoup), permet d’en consacrer davantage à ses loisirs, mais aussi de se (ré)approprier les activités domestiques du quotidien (cuisine, bricolage,…) et de moins consommer.

Les jeunes les plus désireux de moins se déplacer

Autre fait marquant : la réaction des populations les plus jeunes. On attend souvent des jeunes qu’ils soient plus mobiles, plus flexibles, plus urbains et qu’ils aient des rythmes de vie plus intenses. On suppose non seulement que c’est nécessaire et dans leur intérêt, mais aussi qu’ils sont volontaires pour répondre à cette norme de la vie occidentale. L’enquête montre, au contraire, que ce sont les jeunes qui sont les plus désireux de moins se déplacer, de ralentir, d’occuper leur temps différemment, de se rapprocher des leurs et de vivre dans un cadre de vie en contact avec la nature.

Télétravail : un passage forcé de la théorie à la pratique qui a fait quelques adeptes

Le confinement aura également été l’occasion d’expérimenter le télétravail à temps complet, pour une part conséquente des actifs (33 %), alors qu’ils n’étaient que 7 % à le pratiquer avant la crise. Malgré le fait que cette expérience n’est pas toujours réalisée dans les meilleures conditions (espace de travail non adapté, enfants au domicile, etc.), la moitié des personnes concernées vit positivement l’expérience (53 %), que ce soit du fait de la réduction des déplacements domicile-travail ou du fait de la possibilité d’organiser différemment son rythme de vie. Ces résultats suggèrent que le télétravail pourrait connaître un essor important dans les mois et années qui suivront la crise du Covid-19. Cela d’autant plus que, on le sait, l’adoption du télétravail peut permettre de s’installer dans de nouveaux cadres de vie, car il rend plus acceptables des trajets domicile-travail plus longs, parce que moins fréquents, et permet donc de s’installer plus loin de son travail 3.

Vers une réduction des déplacements carbonés

Enfin, le confinement est l’occasion de remettre plus spécifiquement en cause la place de la mobilité dans nos modes de vie. Que ce soit pour eux-mêmes ou pour répondre aux enjeux climatiques, les Français aimeraient pouvoir réduire leurs déplacements. Après trois semaines de confinement, 38 % des Français disent avoir pris conscience qu’ils pouvaient se déplacer davantage en modes actifs. La marche et le vélo semblent par ailleurs être des solutions majeures pour éviter la surfréquentation des transports en commun lors de la sortie du confinement.

Vivant aujourd’hui une réduction de leur mobilité inimaginable il y a encore quelques semaines, une majorité des Français (53 %) se dit tout de même favorable à la mise en place de mesures de rationnement visant à limiter les déplacements afin de lutter contre la crise climatique mais à condition que cette règle soit équitable et ne permette pas aux plus aisés d’y déroger.

ANALYSE ET RÉSULTATS COMPLETS DE L’ENQUÊTE À TÉLÉCHARGER

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Confinement

Les mesures de confinement instaurées en 2020 dans le cadre de la crise du Covid-19, variables selon les pays, prennent la forme d’une restriction majeure de la liberté de se déplacer durant un temps donné. Présenté comme une solution à l’expansion de la pandémie, le confinement touche tant les déplacements locaux qu’interrégionaux et internationaux. En transformant la spatio-temporalité des modes de vie, il a d’une part accéléré toute une série de tendances d’évolutions préexistantes, comme la croissance du télétravail et des téléachats ou la croissance de la marche et de l’utilisation du vélo, et d’autre part provoqué une rupture nette dans les mobilités de longue distance. L’expérience ambivalente du confinement ouvre sur une transformation possible des modes de vie pour le futur.

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Déplacement

Le déplacement est un franchissement de l’espace par les personnes, les objets, les capitaux, les idées et autres informations. Soit il est orienté, et se déroule alors entre une origine et une ou plusieurs destinations, soit il s’apparente à une pérégrination sans véritable origine ou destination.

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Télétravail

Exercice d’une activité professionnelle salariée à distance de l’entreprise au moyen d’outils de télécommunication, à domicile ou en télécentre.

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